Dans la Presse

Le Parisien. Brétigny : plainte pour sabotage en bande organisée

Un mois et demi après le déraillement du Paris-Limoges, l’avocat d’une dizaine de passagers a déposé plainte hier pour «sabotage» contre la SNCF et RFF.

Florian Loisy (avec C. S.-D. et M.O.) | Publié le 3 sept. 2013, 07h00

Les avocats défendant les intérêts des passagers et des victimes prennent donc le relais. L’un d’entre eux a déposé, hier, une plainte pour « sabotage en bande organisée » auprès des juges d’instruction chargés du dossier. « Une entente a existé entre la SNCF et RFF (Réseau ferré de France) qui a eu pour résultat de détériorer le réseau ferroviaire à un tel point que l’éclisse qui a provoqué le déraillement s’est détachée précisément parce qu’elle n’avait pas été entretenue », détaille Me Xavier Gruwez, qui affirme défendre les intérêts d’une dizaine de passagers venus d’Ile-de-France et deux de Limoges. La plainte a été enregistrée hier soir, confirme le parquet. Les deux institutions mises en cause n’ont pas souhaité faire de commentaire.

La maintenance demandée n’aurait pas été assurée

« RFF n’a pas exécuté une convention conclue avec le Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif), qui l’obligeait à prévoir une maintenance renforcée sur certaines parties du réseau considérées comme les plus critiques, appuie Me Gruwez. Au lieu de ça, la surveillance a été réduite. La preuve, RFF est dans l’incapacité d’expliquer pourquoi la somme de 100 M€ qui lui avait été accordée à cette fin sur la période 2009-2012 n’avait pas été dépensée ».

L’information judiciaire a, elle, été ouverte en juillet pour homicides et blessures involontaires. Sept morts et une trentaine de blessés ont été dénombrés parmi les 350 passagers du train et ceux qui attendaient sur le quai. « Certains de mes clients sont encore sous le choc et ne parviennent même pas à remplir un questionnaire », reprend l’avocat, qui estime « qu’au moins un des boulons était absent depuis longtemps de l’éclisse puisque sa loge était passablement rouillée ».

Libération. Brétigny : le second départ de l’enquête

Mis en cause par des victimes du déraillement du train corail à Brétigny-sur-Orge (Essonne) qui a fait six morts le 12 juillet, le procureur de la République d’Evry, Eric Lallement, enfin rentré de vacances, tient cet après-midi une conférence de presse. Objectif : resserrer les boulons de l’enquête. Il devrait annoncer l’ouverture d’une information judiciaire sur la catastrophe ferroviaire qui sera confiée à des juges d’instruction.

Un expert venu sur place ayant dit selon Europe 1 avoir eu accès à «une scène d’accident modifiée», Me Xavier Gruwez, au nom d’une quinzaine de victimes, s’est demandé : «La scène n’a-t-elle pas été périmétrée par la police ?» Le hic, comme l’avoue un enquêteur à Libération, c’est que, lorsque les policiers sont arrivés sur les lieux, «il y avait tellement de gens, des secours et de la SNCF, que les pièces à conviction avaient été déplacées et tripotées avant que l’on puisse geler la scène de catastrophe». Des photos ont été prises, des constatations effectuées, mais les objets avaient pu être bougés auparavant.